Vous avez dit « Impact »? De l’impact, encore de l’impact, toujours de l’impact…

© Demondeluxe- création Dominique Martin

Le salon Produrable (13ème édition) qui s’est tenu au Palais des Congrès les 7 & 8 septembre 2020, avait un programme très varié et complet (voir en annexe). Il a consacré une bonne partie de ses conférences à la vague de fond concernant la mesure de l’impact des actions des entreprises: Impact investing, Impact management, Impact by Design, mesure et reporting de l’Impact…

Généralités sur l’Impact

Paul Valéry : «L’homme sait assez souvent ce qu’il fait ; mais il ne sait jamais ce que fait ce qu’il a fait».

Dessin de Paul Valéry

Appelons « Impact » le résultat quantitatif ou qualitatif de l’action de l’entreprise sur son environnement socio-économique (parties prenantes) et environnemental (par opposition à « démarche » ou « engagement » qui définit les actions qu’on mène, les bonnes pratiques et les moyens, mais pas leurs résultats).

La différence entre l’Impact management et le management par objectifs ou les roadmaps habituelles des entreprises, c’est qu’on s’intéresse ici à la mesure des conséquences de l’action de l’entreprise sur son environnement, ses parties prenantes et la société. La RSE « classique » est focalisée sur les bonnes pratiques et le progrès continu, l’Impact management regarde aussi les résultats, de manière aussi quantitative que possible. 

L’impact management est orienté non seulement sur les résultats internes – comme le management par objectifs et ou le reporting classique- mais aussi vers les résultats et conséquences externes, positives ou négatives (la mesure des conséquences négatives est fondamentale car elle permet d’éviter le « greenwashing » ou le « social washing », ou l’auto-satisfaction un peu béate.)

L’impact de l’entreprise ou du moins de ses produits et services peut être anticipé jusqu’à un certain point dans l’approche « Impact by Design » (l’éco-conception sur tout le cycle de vie en est un exemple). Voir par exemple http://www.impactbydesigninc.org/

L’impact management est donc orienté vers les résultats mesurables des actions de l’entreprise.

De manière plus qualitative, les entreprises à impact positif agissent, notamment dans le secteur ESS (économie sociale et solidaire), pour obtenir un impact positif sur les conditions de vie sociales, économiques et environnementales. Un exemple parmi d’autres est MySezame dans le domaine de l’impact sociétal.

Gymglish MySezame « Innovation sociale »

L’impact Investing quant à lui, place des capitaux dans des entreprises sélectionnées en vue d’obtenir à travers elles un impact sur tel ou tel secteur ou objectif (un ou plusieurs des 17 ODD, par exemple).

Quelques outils de mesure d’impact.

BCorp Business Impact Assessment Tool

Impak présente l’intérêt de mesurer, selon des formules relativement complexes, les impacts positifs mais aussi négatifs (on retrouvera ce point chez le fonds d’investissement Raise Impact et la société Sirsa.io prestataire de SaaS mesure d’impact.)

Classement Impak 2019 CAC 40
  •  Le Diag Management, bien qu’orienté vers l’interne des entreprises, est un outil adapté pour la mesure de l’impact de l’entreprise, de manière au moins semi-qualitative.
  • Dans le contexte COVID-19, le collectif #noussommesdemain (acteurs de l’économie inclusive et responsable, notamment ESS) propose un outil très ergonomique :
https://lum-transition.com/gestion-risques-impact/
Méthodologie Impact Management Project
Typologie Impact Management Project
  • Enfin, un peu dans le désordre :

https://www.sopact.com/impact-management

https://www.avise.org/actualites/limpact-management-project-un-outil-standardise-et-consensuel-de-la-mesure-dimpact

https://www.avise.org/ressources/guide-pratique-pour-la-mesure-et-la-gestion-de-limpact

  • Notons pour ce qui concerne l’impact sur la Supply Chain, l’action d’Ecovadis et les outils qu’il propose :

Impact Investing

L’Impact investing vise à placer l’argent des fonds « à impact » (ou ISR, finance verte etc.) dans des activités qui aux yeux des investisseurs et de leurs clients, ont un impact mesurable positif sur la planète et la société. Le GIIN et son support technique, l’IRIS, en sont des exemples anglo-saxons, mais aussi en France : Raise Impact, Meeschaert Asset Management, Citizen Capital, Alter Equity etc. Pour lever les fonds dont elles ont besoin, les entreprises auront de plus en plus à se tourner vers les banques et investisseurs orientés « Impact » (et, dans un premier temps, ISR).

Voici quelques sites utiles sur ce sujet.

  • World Bank Group/International Monetary Fund :

https://www.impactprinciples.org/

https://www.impactprinciples.org/sites/opim/files/2019-06/Impact%20Investing_Principles_FINAL_4-25-19_footnote%20change_web.pdf

              

GIIN Impact sur les 17ODD (business case)
GIIN Impact Measurement
  • On reparlera plus loin de Raise Impact, puisqu’ils intervenaient à Produrable dans une conférence sur la mesure de l’impact.

Les conférences Produrable 2020 sur l’Impact

                Parmi ces conférences qui complètent bien de façon pratique, la présentation du « paysage » de l’impact qui précède, on pouvait noter :

  • Enjeux et modalités d’engagement de l’impact investing (Institut Léonard de Vinci) 
  • La mesure d’impact à l’épreuve du réel (Raise Impact et Sirsa.io, avec Castalie participation de Raise Impact mettant en œuvre les outils Sirsa.io cette dernière spécialisée dans la gestion de data pour le reporting RSE/Impact avec le SaaS Reporting 21) 
  • Le nouveau reporting ESG : PDF, Web, XBRL, ePub, … (BNPParibas Real Estate, Materiality Reporting, ISICRUNCH) – les tendances du reporting et de sa constitution. Dans une perspective qui dépasse la seule notion d’impact, plusieurs conférences (et aussi la Secrétaire d’Etat à l’ESS Responsable, Olivia Grégoire), ont mis l’accent sur les évolutions du reporting, mais aussi des critères d’évaluation, et la nécessaire convergence (après quelques années de foisonnement) entre les multiples référentiels RSE, ESG, ISR, et Impact.

On développera ici la conférence de Raise et Sirsa.io, car elle traite directement de notre sujet, la mesure de l’impact.

  1. Sirsa.io a créé Reporting21 (https://www.reporting21.com/ ) un des premiers outils de reporting RSE basé sur la data et la matérialité. C’est quantitatif, à comparer avec l’outil Louerunmanager/Goodwill Management ou l’Impact scoring de #noussommesdemain, qui sont purement qualitatifs. Impak comme Sirsa/reporting21 mesurent les impacts négatifs aussi bien que les impacts positifs, ce qui est bien meilleur que les seuls impacts positifs, pour éviter l’auto-satisfaction et son corollaire le social/green/ethic/washing.
www.reporting21.com

2. Raise (fondé en 2013 par Clara Gaymard et Gonzague de Blignières) a créé en 2019 un fonds spécialisé (plutôt SmallCaps ou Midcaps apparemment) Raise-Impact https://www.raise.co/raise-impact/  et aussi la vidéo https://my-sezame.fr/2019/06/12/interview-d-eric-coisne-raise-impact/

Raise Impact a mis au point avec l’aide de Sirsa.io une méthodologie et un outil de mesure d’impact, qu’il met en œuvre dans les due diligence et ensuite dans le suivi des participations. Ils l’utilisent aussi pour amener les autres actionnaires à la notion d’impact mesuré. On regarde par exemple :

  • le ratio d’impact (% du CA total contribuant à un impact social ou environnemental) qui est qualitatif ;
  • le volume d’impact :  CA associé directement ou indirectement à un impact donné (empreinte carbone, mécénat d’enseignement, conditions de travail, QVT etc.) celui-là est quantitatif ;
  • les externalités (impacts négatifs) et leur évolution.

Conclusion

On espère avoir apporté dans cet article une vision d’ensemble de cette tendance lourde qui traverse l’économie, le management et l’investissement à impact, ainsi que des principaux acteurs et référents actuels, du moins en France et au Etats-Unis. L’approche qui consiste à mesure les résultats est saine, mais ne dispense pas de mettre en place une démarche RSE ; elle la complète de façon réaliste et pilotable. C’est la complémentarité entre la fin et les moyens. Comme nous l’apprend la scolastique: « La fin est première dans l’intention et dernière dans l’exécution. »

Impact d’une goutte d’eau_Image Wikipedia

 « En toute chose il faut considérer la fin. » (Πάντος χρεματος σκοπεῖν χρή την τελευτήν) (Solon d’Athènes, ~640-~558. (Cité par Hérodote, discours de Solon au roi Crésus)

Un commentaire

  1. JeanB a dit:

    Grand merci pour cette synthèse éclairante

    29 septembre 2020
    Répondre

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