Impressions du salon Produrable 2020

Le salon Produrable (13ème édition), People-Planet-Purpose, qui s’est tenu au Palais des Congrès lundi et mardi dernier, 7 & 8 septembre 2020, mérite quelques commentaires, compte tenu du contexte socio-économico-sanitaire et de son intérêt.

Sobriété, Solidarité, Prospérité: pour un New Deal européen
Présidente: Cécile Colonna d’Istria

Crise sanitaire et économique vs responsabilité des participants

Tout d’abord, par les conditions singulières dans lesquelles il s’est tenu: prévention d’un redémarrage possible de l’épidémie de COVID-19 oblige. Etait-il responsable (surtout quand on se pique de responsabilité sociétale des organisations 😉) de venir et rester à ce salon ? « Responsable » se définit ici par rapport à la prévention de la contamination (entre personnes venues des quatre coins de France et y retournant ensuite) mais aussi quant à un impact éventuel sur l’économie (au moins celle de business de consulting…) en cas de contribution à un redémarrage de l’épidémie. La première responsabilité de l’entreprise, c’est de se maintenir en activité, de préférence profitable ! Les mesures, irréprochables, prises par les organisateurs (ainsi que les logisticiens, services divers, intervenants, conférenciers, exposants etc.) permettent de répondre que oui: tout était en place pour appliquer les consignes gouvernementales. La densité de population au m² dans les allées du salon ou dans les files d’attentes aux conférences, fait cependant réfléchir. C’est loin d’être le seul cas (universités d’été diverses, happy hours parisiennes bondées, plages etc. sans même parler des réunions illégales: manifestations en début d’été, rave parties etc.) Personnellement, je suis resté, sans états d’âme car les courbes d’hospitalisation et de réanimation, ni de décès, ne suivent pas (avec 14 jours de décalage) les courbes de comptabilisation des tests positifs. Un proche avenir dira si ce type d’événements a eu un impact sanitaire significatif. En tout cas, cela fournissait un premier cas concret de réflexion individuelle sur la responsabilité sociétale par temps d’épidémie déclarée.

Ce paragraphe a été rédigé dans l’optique de l’attitude interrogative, qui est la base de toute démarche de sécurité, collective ou individuelle, industrielle ou autre.

RSE par temps d’épidémie

Des conférences très intéressantes et bien ciblées

Moyennant quoi la forte participation (en permanence environ 200 à 300 personnes, à vue de nez, forte affluence aux tables rondes et ateliers, beaucoup de B2B dans les stands) était justifiée par la qualité des interventions et des échanges.

J’ai concentré ma participation sur les trois thèmes sur lesquels je suis actif actuellement : Impact, Reporting, Territoires.

  • Plénière d’ouverture ;

Impact et Reporting :

  • Enjeux et modalités d’engagement de l’impact investing (Institut Léonard de Vinci) ;
  • La mesure d’impact à l’épreuve du réel (Raise Impact et Sirsa.io, avec Castalie participation de Raise Impact mettant en œuvre les outils Sirsa.io cette dernière spécialisé dans la gestion de data pour le reporting RSE/Impact avec le SaaS Reporting 21) ;
  • Le nouveau reporting ESG : PDF, Web, XBRL, ePub, … (BNPParibas Real Estate, Materiality Reporting, ISICRUNCH) – les tendances du reporting et de sa constitution ;

Territoires :

  • Territoires : Placer l’innovation et les usages au coeur de la stratégie de résilience (La Poste) ;
  • La mutualisation des ressources, une stratégie RSE gagnante (SNCF, ENEDIS, Mytroc) ;
  • Ancrage territorial : l’union fait la force (Croissance Bleue, Veolia, La Poste, Groupe UP) ;
  • Entreprises et territoires, mobilisés pour une meilleure résilience productive de notre économie (Utopies) ;
  • Plénière de fermeture avec Olivia Grégoire, SE ESSR auprès du ministre des Finances, ci-devant conseil en RSE et rapporteuse de la Loi Pacte (articles concernant le statut de l’entreprise dans la société).

Le programme : voir en fin d’article

Il était extrêmement riche et diversifié, visant des publics divers (consultants RSE, investisseurs ISR, entrepreneurs PME-ETI, managers de grands groupes, marketeurs, banques…)

Les thèmes dominants

De mon point de vue, se dégagent principalement de ce programme et des conférences d’ouverture et de clôture :

  • Le transport, la logistique, le « dernier kilomètre », la nécessité de mutualiser les transports de marchandises comme on a mutualisé les transports de personnes ; l’effet démultiplicateur du e-commerce déclenché par le confinement, de façon non-réversible ;
  • Omniprésence du thème de la Résilience, c’est logique ; excellente note de position Utopies 05/2020 sur la question ;
  • L’impact (impact investing, managers à impact (cabinets RH), management à impact etc.) est à toutes les sauces, et c’est une bonne chose. C’est une vague de fond, qui prolonge la RSE en s’intéressant non seulement à la dynamique sociétale et aux bonnes pratiques mais à leurs résultats qualitatifs et, de plus en plus, quantitatifs ; impacts positifs mais aussi, très instructif, impacts négatifs ;
  • Nécessité absolue d’une convergence des référentiels d’évaluation ISR, RSE, ESG, impact…après quelques années de foisonnement tout à fait normal ;
  • Reporting RSE, extra-financier, standard XBML…Partiellement lié au précédent. Maturité croissante de ces sujets, la prolifération dans tous les sens des référentiels amorce une convergence. Pourvu que l’Europe simplifie au lieu de compliquer (cf. la récente Taxonomy, assez indigeste) ;
  • La tendance Raison d’être, sens, entreprise à mission se poursuit ; d’après Olivia Grégoire, la crise sanitaire et le confinement subséquent, ont renforcé le mouvement, missionwashing compris ;
  • Des tables rondes et ateliers orientés PME ; et aussi orientées Collectivités (elles ont un rôle fondamental dans la reprise et le changement de cap du modèle économique) ;
  • Prise de conscience du rôle des territoires (géographiques ou pas), collectivités, intercommunalités etc. dans le développement vertueux de l’économie et dans la résilience post-covidienne ; mais aussi des relations interentreprises ancrées dans les mêmes territoires (nil novi sub sole, mais c’est devenu critique voire stratégique, notamment pour les relocalisations) ; parallèle avec les pôles de compétitivité thématiques, qui fédèrent et auto-régulent les acteurs ;
  • Stratégies de marque dans le contexte RSE et post-COVID-confinement: 6 conférences (marque contributive, Committed Brands, RSM (responsabilité sociétale de marque)…);
  • Les experts-comptables deviennent de plus en plus visibles et actifs. Ils prennent en main la Triple Bottom Line, extension naturelle des documents comptables purement financiers, à l’extra-financier (environnemental et sociétal). Le mouvement est amorcé sensiblement depuis 2 ans environ (sauf aux USA, où par exemple l’AA 1000 existe depuis belle lurette) ;
  • Un peu de sobriété numérique (impact environnemental du numérique notamment du télétravail) ; un peu de Low tech et frugalité ; Biodiversité, neutralité carbone, reforestation, environnement en général ;
  • Grosse visibilité de la BPI ; même si #noussommesdemain challenge la légitimité de la BPI sur le créneau de l’économie inclusive et sociétale ;
  • Label BCorp omniprésent, même si Lucie avait un stand superbien placé en face de l’amphi principal ;
  • Veolia et La Poste très présents, Decathlon souvent cité en exemple. Un coup de chapeau au passage pour Philip Morris Int’l : « Une entreprise du secteur du tabac peut-elle être responsable ? PMI, un exemple de démarche de progrès. » Courageux…il fallait oser venir dans la gueule du loup (RSE) ; il ne manquait qu’une Julia Roberts/Erin Brokovitch… dommage.
La galerie de l’archiduc Léopold à Bruxelles-1639-David-Teniers-le-Jeune © www.peintures-tableaux.com/

Quelques notes

  1. A aucun moment – sauf peut-être dans des tables rondes auxquelles je n’ai pas assisté, voir le programme- il n’y a eu de véritable remise en cause du modèle capitaliste libéral financier qui n’en finit pas de dérailler et vient de montrer sa fragilité aux agressions ou crises systémiques (toutes bien identifiées dans les rapports annuels sur les risques mondiaux, du World Economic Forum de Davos). On ne s’est pas vraiment intéressé aux causes, mais plutôt à en pallier ou adoucir les effets… Ca peut durer longtemps. Sans être aussi radicale, Anne-Catherine Husson-Traore,  directrice générale de Novethic, explique dans son éditorial du 4 septembre, que verdir l’économie sans changer modèle économique lui-même, ne mènera pas à grand’chose. Le MEDEF n’a pas encore communiqué (à ma connaissance) sur les résultats de son Université d’été, 27 & 28 août. #noussommesdemain qui tenait la sienne au même moment, affiche quant à lui un programme d’action assez précis, ainsi que des outils (Impact score notamment): https://noussommesdemain.com/ Quant au Shift Project, plutôt prometteur, il a publié un premier rapport d’avancement en juillet.
Plan de relance post-COVID19 présenté le 3/9/2020 par le PM

Radjou n’oppose pas son « économie consciente » au modèle actuel de capitalisme libéral et financier détenu par une minorité surpuissante : il dit que l’économie consciente régulera et évitera les excès… Il distingue prospérité matérielle, mentale, spirituelle… Bref le bien commun revisité. Il préconise de parler d’économie régénérative (ou d’entreprise régénérative) plutôt que « durable », c’est moins statique et à somme nulle. Pas mal vu. Cite avec insistance Décathlon comme exemplaire du point de vue sociétal et environnemental.  Evoque le mouvement FIRE aux USA : « Financial Independence, Retirement Earlier », peu ou prou déclenché par le COVID-19 et le confinement (notamment new-yorkais).

Gen X : footprint

Gen Y : handprint

Gen Z : heartprint

Gen a (les milleniums) : soulprint.

Antoine Frérot PDG de Veolia parle de « résultante » (vectorielle…) des actions RSE sur les divers thèmes : idée intéressante, dans quel sens global va l’entreprise ?

Myriam Maestroni spécialiste du domaine de l’énergie, (https://www.bpifrance.fr/Qui-sommes-nous/Developpement-Durable-RSE/Actualites/Myriam-Maestroni-une-entrepreneure-pour-la-performance-energetique-47769) est présidente de l’agence Economie d’Energie et de la fondation E5T (https://www.e5t.fr/) Elle appelle de ses vœux un référentiel RSE unifié, sous l’impulsion de l’Europe. Elle n’a pas tort, car nous sortons de la phase de prolifération d’un domaine nouveau, ces 20 dernières années, et entrons dans la phase de rationalisation et de convergence. Savoir si l’Europe saura traiter correctement la question, c’est une autre histoire. Même remarque pour les outils de mesure ESG, impact etc. Quelques exemples parmi d’autres : ESG/UNGRI, GIIN et IRIS+, Impak, #noussommesdemain (Impact score rating), BCorp, sirsa.io et reporting21… tant qualitatifs que quantitatifs.

  • Le territoire est la bonne maille d’action efficace et à échelle humaine, pour des initiative RSE, inclusives, sociétale etc.
  • Comment concilier effet d’impact et rentabilité des investissements (TRI, plus-value en sortie, carried interest etc.) ? Comment répartir les bénéfices entre ré-investissement dans l’entreprise, rémunération des différents investisseurs, package salarial et social des employés…
  • Sirsa.io a créé Reporting21 (https://www.reporting21.com/ ) un des premiers outils de reporting RSE basé sur la data et la matérialité. C’est quantitatif, à comparer avec les outils Goodwill Management ou l’impact score de #noussommesdemain (par exemple), qui sont purement qualitatifs. Impak Finance (https://www.impakfinance.com/) , canadien, est lui aussi quantitatif ce qui est rare, mais orienté « CAC 40 » ou « NYSE ». Impak comme Sirsa/reporting21 mesurent les impacts négatifs aussi bien que les impacts positifs, ce qui est bien meilleur que les seuls impacts positifs, pour éviter l’auto-satisfaction et son corollaire le social/green/ethic/washing.

Raise (fondé en 2013 par Clara Gaymard et Gonzague de Blignières (monde un peu différent de Citizen Capital ou d’Alter Equity…) a créé en 2019 un fonds spécialisé (plutôt SmallCaps ou Midcaps apparemment) Raise-Impact https://www.raise.co/raise-impact/  et aussi la vidéo https://my-sezame.fr/2019/06/12/interview-d-eric-coisne-raise-impact/

Raise Impact a mis au point avec l’aide de Sirsa.io une méthodologie et un outil de mesure d’impact, qu’il met en œuvre dans les due diligence et ensuite dans le suivi des participations. Ils l’utilisent aussi pour amener les autres actionnaires à la notion d’impact mesuré. On regarde par exemple :

  • le ratio d’impact (% du CA total contribuant à un impact social ou environnemental) qui est qualitatif ;
    • le volume d’impact :  CA associé directement ou indirectement à un impact donné (empreinte carbone, mécénat d’enseignement, conditions de travail, QVT etc.) celui-là est quantitatif ;
    • les externalités (impacts négatifs) et leur évolution.
Les 7 principaux domaines d’impact (selon ISO 26000)
image Label Lucie
  • Il a fallu 2 ans pour rétablir complètement le traitement des eaux usées à la Nouvelle Orléans, après Katrina (Veolia très présent).
  • Certaines entreprises commencent à nommer des CRO : Chief Resilience Officer
  • La Poste transporte actuellement un volume quotidien équivalent au volume pic durant les fêtes de Noël : c’est l’effet des habitudes e-commerce prises durant le confinement. Il faut mutualiser et gérer les flux de marchandises comme on gère les flux de passagers.
  1. L’économie circulaire ne concerne pas que les déchets, mais aussi ce dont quelqu’un a besoin à un moment donné alors que le détenteur n’en a pas besoin à ce moment (ex. mobilier de bureau). Faire en sorte que donner soit plus facile que jeter: visiblement dans pas mal de cas, ça marche si les choses sont bien organisées (workflows etc.)

Notion intéressante de « résilience productive » pour la distinguer de la résilience « passive » qui consiste à survivre. Exemple : se mettre à fabriquer des masques ou des gels hydro-alcooliques est une forme de résilience productive. Notion de « saut productif ».

Notions d’économie centralisée/décentralisée/reticulée ou distribuée.

Utopies propose des modèles micro-économiques « plus résilients que d’autres » :

  • « plug & play » (notion de conteneurisation/modularisation)
  •  Outiller les producteurs locaux et leur fournir de nouvelles fonctionnalités adaptées
  • Production agricole en ville : cf. Rob Hopkins et la Transition
    • Regrouper et interfacer la production
  • « Polliniser »
    • Double sourcing sur 10 à 15% des appros stratégiques : on garde les appros mondialisés mais on double avec des appros aussi locaux qui possible (c’est un investissement et une garantie)
    • Adapter le maillage territorial des entreprises (comment ?)

Le standard XBRL permet d’intégrer des fonctionnalités d’accès aux informations pour les malentendants, les dyslexiques, les aveugles ou malvoyants… Il est promu par l’ESEF au niveau européen (https://www.esma.europa.eu/press-news/esma-news/esma-updates-esef-reporting-manual ) et va entrer progressivement en vigueur. Il couvre ce qu’on veut, notamment le reporting financier et extrafinancier autrement dit le reporting RSE.

  • L’ancrage territorial des entreprises est aussi ancien que les entreprises, mais prend une importance accrue voire stratégique du fait :
    • de la généralisation des préoccupations et démarches DD et RSE et/ou Business for Impact ;
    • de l’effet révélateur du COVID sur le rôle des processus et ancrages territoriaux dans la résilience des entreprises et celle des territoires concernés ;
    • de la prise de conscience de l’importance des valeurs et capitaux immatériels (notamment territoriaux) dans la résilience.

Noter que les « territoires » sont bien sûr géographiques, mais peuvent être immatériels (knowledge, clients, supply chain, Internet, métiers etc.)

Le territoire est la maille opérationnelle des organisations et des projets.

Noter également que puissance publique et industrie se rejoignent dans les territoires (déclinaison des 17 ODD etc.)

Importance de la commande publique dans le bon fonctionnement des relations territoriales entre entreprises et collectivités.

  •   Conférence de clôture

Un slogan bien trouvé par Arnaud Mourot  (Ashoka) à propos des entreprises à mission, coopératives etc. « Le statut ne fait pas la vertu. »

A travers une intervention sur la notion de « responsabilité universelle » issue d’une vision hindouiste-bouddhiste de l’univers et de l’être humain, les organisateurs/trices de Produrable 2020 proposent donc indirectement aux participants une spiritualité qu’ils jugent adaptée à la démarche DD et RSE. [NDLR : il y a indéniablement des connexions entre l’idéologie du développement durable, la vision du monde et de l’homme dans les bouddhismes, et jusqu’à un certain point la spiritualité New Age. Il existe également une approche bouddhiste de l’éthique des affaires et de la place de l’économie dans la vie humaine et la planète.Noter que cette intervention de clôture fait écho à l’intervention d’ouverture de Navi Radjou, basée elle aussi sur une anthropologie et une cosmologie orientales.

  • Allocution de clôture par Olivia Grégoire, Secrétaire d’Etat à l’économie sociale,solidaire et responsable

La ministre souligne que le confinement et les effets mondiaux du COVID ont renforcé le mouvement des déclarations de « raison d’être » et de qualité « d’entreprise à mission ».

Elle encourage la communauté du DD et de la RSE à s’impliquer en profondeur dans l’élaboration en 2021 des nouveaux standards de DPEF (déclaration de performance extra-financière) au niveau européen, plutôt que les subir comme on a subi l’IFRS dans le domaine comptable, les agences de notations dans le domaine des finances d’Etat et l’absorption de Vigeo par les anglo-saxons.

Venant du monde de la RSE/ESS, Olivia Grégoire dit compter s’appuyer sur la communauté RSE pour dynamiser son mandat.

O.Grégoire rappelle qu’il y aura des contreparties aux aides du plan France Relance, celles-ci seront précisées dans la loi de finance 2021 à l’automne. Les achats publics devront être exemplaires. Assez audacieusement, elle évoque l’idée d’une RSO appliquée à l’Etat. Vaste sujet, qui suppose de commencer par définir le bien commun…Elle n’oppose pas salariat et citoyenneté. Mettre fin à la séparation entreprise/société [NDLR : cf. décrets d’Allarde et Le Chapelier pris par la Révolution].

Lundi 7 septembre 2020

matin
après-midi

Mardi 8 septembre 2020

matin
après-midi

2 commentaires

  1. JeanB a dit:

    Excellente restitution: comme si on y était, même mieux car en prime une mise en perspective et le renvoi encyclopédique à des sources soigneusement choisies.
    Bravo l’artiste!

    15 septembre 2020
    Répondre
    • blandine-hyperion-lbc a dit:

      merci Jean!

      15 septembre 2020
      Répondre

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